5,3 %. C’est la hausse qui s’applique depuis le 1er janvier 2024 à la grande majorité des pensions de retraite de base. Derrière cette progression, le paysage reste plus contrasté qu’il n’y paraît : les règles du minimum contributif varient selon la trajectoire professionnelle, et les auto-entrepreneurs doivent composer avec un système de validation des trimestres souvent mal interprété, qui pèse lourd sur le montant final de leur pension.
D’autres changements sont déjà posés sur la table pour 2025 et 2026. Les personnes ayant cotisé à plusieurs régimes ou exerçant en indépendant devront naviguer au sein de modalités parfois complexes. Chacun doit alors s’approprier les démarches, vérifier ses relevés et, le cas échéant, activer les voies de recours pour défendre ses droits.
Ce qui change pour les retraites en 2025 et 2026 : revalorisations et nouveaux dispositifs
Les prochaines années s’annoncent mouvementées pour les retraités, avec des revalorisations qui s’accélèrent. Dès janvier 2025, la pension de retraite de base sera ajustée en fonction de l’indice des prix à la consommation. Cette mesure, issue de la récente réforme des retraites, vise à préserver le pouvoir d’achat. Les assurés affiliés à l’assurance retraite devraient donc constater une hausse de leur montant de retraite, les premières estimations de la caisse nationale tablant sur une progression d’environ 4 % pour 2025.
Les régimes de retraite complémentaire suivent cette tendance. Du côté de l’Agirc-Arrco, une revalorisation des pensions de retraite complémentaires est également envisagée, calée sur l’évolution générale des prix. Les partenaires sociaux travaillent déjà à harmoniser les modalités afin d’éviter tout écart entre la retraite de base et la complémentaire. Cette coordination devient déterminante pour celles et ceux ayant alterné statuts salariés et indépendants.
Le financement de la sécurité sociale s’inscrit dans la continuité, avec la prolongation de l’augmentation de la durée d’assurance. L’âge légal de départ à la retraite reste fixé à 64 ans, mais la durée requise pour bénéficier d’une pension à taux plein continue de s’allonger. Les polypensionnés et les professions libérales devront ajuster leur stratégie, notamment face aux évolutions de la retraite complémentaire Agirc-Arrco.
Voici les points à surveiller de près pour la période à venir :
- Revalorisation automatique des pensions de retraite selon l’inflation
- Harmonisation progressive entre régimes de base et régimes complémentaires
- Allongement de la durée d’assurance nécessaire à l’obtention du taux plein
La France poursuit son adaptation, et chaque catégorie de retraités, de la Caisse nationale de l’assurance vieillesse jusqu’aux affiliés Agirc, doit anticiper les choix à poser dans les prochains mois.
Comment savoir si vous bénéficiez des augmentations prévues ?
Vérifier que votre pension suit bien la courbe des revalorisations annoncées n’a rien d’anecdotique. Tout part de votre relevé de pension retraite : l’assurance retraite vous adresse chaque année un document détaillant le montant de la pension, avant et après revalorisation, ainsi que toute augmentation due à l’indice des prix à la consommation. Comparez le montant versé en janvier à celui de décembre : la différence s’affiche clairement et témoigne de l’ajustement à l’inflation.
Pour les bénéficiaires de la retraite complémentaire Agirc-Arrco, le service en ligne reste la voie la plus rapide. En vous connectant à votre espace personnel, section « mes paiements », vous accédez au détail des pensions de retraite revalorisées. Le calcul y est transparent, la part liée à l’ajustement inflation bien identifiée. L’Agirc-Arrco informe systématiquement de toute modification du montant par courrier ou email.
Quelques bonnes pratiques pour sécuriser le suivi de vos paiements :
- Examinez attentivement vos relevés bancaires : le versement intervient en début de mois selon la nouvelle grille.
- En cas de doute ou d’incohérence, contactez sans attendre le service client de vos caisses, par téléphone ou via l’espace sécurisé.
Gardez en tête que le montant de la pension peut évoluer plusieurs fois dans l’année, selon les ajustements liés à l’indice des prix ou à des mesures ponctuelles. Même une variation minime doit vous interpeller : les revalorisations sont toujours mentionnées sur vos documents officiels, sans démarche particulière à effectuer.
Vos droits face aux erreurs ou oublis : démarches et recours possibles
Le calcul d’une pension de retraite ne laisse pas de place à l’approximation. Une erreur sur le nombre de trimestres validés ? Une période d’activité oubliée ? Un épisode à l’étranger passé sous silence ? Chaque élément mérite vérification dès réception de votre notification. L’assurance retraite et le régime agirc-Arrco transmettent les informations officielles : mettez-les en perspective avec votre parcours réel. Le moindre écart doit donner lieu à contestation.
Voici la marche à suivre pour corriger la situation :
- Contactez le service gestionnaire via votre espace personnel ou par courrier recommandé, en joignant toutes les pièces justificatives nécessaires (bulletins de salaire, attestations, certificats de travail).
- Demandez la rectification du nombre de trimestres, l’ajout d’une période manquante ou le réexamen du taux de calcul de la retraite.
- En cas de réponse insatisfaisante ou de refus, saisissez la commission de recours amiable de votre caisse : ce recours administratif est un préalable incontournable avant toute action devant le tribunal judiciaire.
Le rachat de trimestres peut aussi combler certains manques. Encadrée par l’assurance retraite régime général, cette démarche permet d’augmenter la durée d’assurance, et donc le montant de la retraite. Beaucoup l’ignorent : le cumul emploi-retraite ouvre parfois droit à la validation de nouveaux trimestres, sous des conditions précises.
Pour les dossiers les plus complexes (carrières internationales, statuts multiples, périodes de chômage non prises en compte), appuyez-vous sur un conseiller expert. La législation évolue chaque année : rester informé, c’est se donner toutes les chances de défendre ses droits et de choisir la date de départ à la retraite la plus adaptée.
Auto-entrepreneurs : comprendre les spécificités et optimiser sa future pension
Le statut d’auto-entrepreneur attire de plus en plus d’actifs, mais il exige une vigilance particulière en matière de future pension. Ici, le chiffre d’affaires déclaré conditionne tout : pas de bulletin de salaire traditionnel, la validation des trimestres dépend du montant fiscalement déclaré chaque année.
Le calcul de la retraite de base s’aligne sur celui du secteur privé, mais la réalité diffère : tant que le revenu reste modéré, valider un trimestre nécessite d’atteindre un seuil de chiffre d’affaires annuel revu chaque année. En 2024, un auto-entrepreneur exerçant dans les services devra déclarer près de 2 700 euros pour valider un trimestre ; il faut multiplier ce montant par quatre pour obtenir l’année complète. En dessous de ces seuils, la durée d’assurance diminue d’autant et la pension s’en ressent.
Pour optimiser sa retraite, plusieurs leviers existent. Augmenter la fréquence de déclaration, ajuster son activité pour franchir les seuils, mais aussi envisager un plan retraite PER (Plan d’Épargne Retraite). Ce dispositif individuel, non obligatoire, permet de compléter sa pension par une épargne défiscalisée. Pensez également à la retraite complémentaire : l’auto-entrepreneur n’y cotise pas automatiquement, mais des solutions existent pour améliorer sa protection. L’objectif reste le même : anticiper, ajuster ses choix et piloter son parcours afin d’augmenter ses droits, année après année.
La retraite n’est plus un horizon lointain réservé à ceux qui ne comptent plus les années. C’est un dossier vivant, mouvant, qui se construit et s’ajuste, pièce après pièce. Garder la main sur ses choix, c’est déjà préparer demain.


